2019 une année catastrophique pour le miel français

L'industrie apicole française est en difficulté. Les conditions climatiques de ces 6 premiers mois de l'année sont désastreuses. Si rien ne change très rapidement, la production de miel français pourrait atteindre des records de sous production et laisser la porte grande ouverte aux importations massives de miels frelatés et adultérés.

Une année catastrophique en prévision pour le miel français

La météo détraquée depuis le début de l'année a de lourdes conséquences sur la production de miel.

Tout à commencé avec un hiver relativement doux et une fin de saison hivernale avec des températures printanières qui ont donné le signal aux abeilles pour sortir de l'hivernage. La ponte a recommencé. Les gelées qui ont suivi ont privé les abeilles de nourriture, de nombreux apiculteurs ont dû nourrir les abeilles pour leur éviter une mort certaine. Le printemps frais et humide a renforcé les craintes des apiculteurs.

Habituellement à cette période de l'année, "on a fait une bonne partie des miels, autour de 40, 50%, là, on ne les a pas", s'alarme Henri Clément, porte-parole et secrétaire-général du syndicat majoritaire, l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF). "Les abeilles ne récoltent rien ! Dans les ruches, il n’y a pas à manger" constate, impuissant, le syndicat agricole Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux).

Les récoltes sont déjà décevantes pour les miels de printemps et d'acacia, miels figurant parmi les préférés des Français. 

La canicule annoncée ne va rien arranger, bien au contraire

Les abeilles n'aiment pas les fortes chaleurs, ni les variations importantes de température. Elles ont besoin de repères, de saisons marquées. La filière apicole est très durement touchée par les dérèglements climatiques.

"On a des conditions météo qui sont catastrophiques", ajoute Henri Clément de l'Unaf. "Ca fait quelques temps qu'on s'alarme du bouleversement climatique qui a un gros impact sur les productions. Pour l'instant, il ne s'est quasiment pas fait de miel, à part en Bretagne, où ils ont tiré un peu leur épingle du jeu".

Importations massives à prévoir : miels UE et hors UE, attention danger

Même si la deuxième partie de cette année est favorable, la production de miel français sera insuffisante en 2019. Pour rappel, la France ne produit pas tout le miel qu'elle consomme. 60% du miel consommé en France est importé. 

Les miels chinois frelatés et adultérés ont déjà envahi nos rayons, mais le risque est bien plus grand lorsque l'on sait que la production française sera encore moins importante cette année. De plus, il n'y a pas de traçabilité sur le miel, on laisse ainsi la porte grande ouverte au "trafic de miel" avec des miels mélangés et adultérés. Contrairement à ce qu'on a pu entendre dernièrement, non, l'origine géographique et la traçabilité d'un miel ne sont pas un détail !